Aller au contenu
Législation

Heures supplémentaires dans la PME : la limite de 80 heures, paiement ou compensation, enregistrement et sanctions en Espagne

S Suso Merino CEO
Heures supplémentaires dans la PME : la limite de 80 heures, paiement ou compensation, enregistrement et sanctions en Espagne

Les heures supplémentaires sont le point où l’enregistrement du temps de travail se transforme en argent. Depuis que les entreprises enregistrent le temps de travail chaque jour, les heures qui autrefois se faisaient et s’oubliaient apparaissent dans un rapport, et l’Inspection du travail les recoupe avec la paie à chaque visite. Dans une PME, le problème est rarement la mauvaise foi : c’est de ne pas savoir précisément ce qu’est une heure supplémentaire, quelle est la limite, s’il faut les payer ou si on peut les compenser, comment on les enregistre et ce qui se passe avec les contrats à temps partiel. Ce guide répond à tout cela avec l’article 35 du Statut des travailleurs et la loi sur les infractions et sanctions en main.

Ce qu’est une heure supplémentaire

Selon l’article 35.1 du Statut, c’est chaque heure de travail effectuée au-delà de la durée maximale du temps de travail ordinaire fixée par la convention ou le contrat. Comme le temps de travail se calcule en moyenne annuelle, une semaine de 42 heures ne génère pas nécessairement d’heures supplémentaires si la convention permet une répartition irrégulière et que ces heures sont compensées dans la période de référence ; ce qui compte est de dépasser le temps de travail ordinaire convenu dans le calcul applicable. La première question n’est donc pas « combien d’heures cette personne a-t-elle faites cette semaine ? » mais « quel est son temps de travail ordinaire et sur quelle période se calcule-t-il ? ».

Il en existe deux sortes :

  • Heures supplémentaires ordinaires : volontaires ou convenues pour faire face à des pics d’activité.
  • Heures supplémentaires pour force majeure (art. 35.3) : nécessaires pour prévenir ou réparer des sinistres et autres dommages extraordinaires et urgents. Elles sont obligatoires, ne comptent pas dans la limite annuelle et se compensent comme les autres.

La limite : 80 heures par an

L’article 35.2 fixe un maximum de 80 heures supplémentaires par an et par salarié. Pour les contrats de moins d’un an, la limite est réduite proportionnellement. Deux nuances comptent :

  • Ne comptent pas dans cette limite les heures supplémentaires compensées en repos dans les quatre mois suivant leur réalisation, ni celles de force majeure.
  • La convention peut fixer une limite inférieure, mais pas supérieure.

Autrement dit, une entreprise qui compense les heures supplémentaires en repos dans les quatre mois ne consomme pas la limite ; celle qui les paie, oui. Dépasser les 80 heures payées est une infraction, indépendamment du fait qu’elles aient été correctement payées.

Caractère volontaire

La réalisation d’heures supplémentaires est volontaire, sauf si elle a été convenue par convention collective ou par le contrat de travail individuel, dans la limite légale, et sauf force majeure. Un salarié peut refuser des heures supplémentaires non convenues sans conséquences disciplinaires, et la politique interne devrait le dire.

Paiement ou compensation en repos

L’article 35.1 laisse le choix à la convention ou, à défaut, au contrat individuel : les heures supplémentaires sont payées au montant fixé, qui ne peut être inférieur à la valeur de l’heure ordinaire, ou compensées par un temps équivalent de repos rémunéré. Sans accord, elles sont réputées compensées en repos dans les quatre mois suivants.

Conséquences pratiques :

  • Il faut connaître la valeur de l’heure ordinaire de chaque personne (salaire annuel divisé par les heures annuelles) pour ne pas payer en dessous.
  • La compensation en repos doit être prise dans les quatre mois ; passé ce délai, les heures non compensées sont payées et comptent dans la limite.
  • Les heures supplémentaires payées cotisent à la Sécurité sociale avec une cotisation additionnelle propre, différente selon qu’elles relèvent ou non de la force majeure, et sont imposées comme salaire.
  • La convention peut fixer des majorations sur l’heure ordinaire ; le Statut ne fixe que le plancher.

Enregistrement obligatoire et copie au salarié

L’article 35.5 impose que le temps de travail de chaque salarié soit enregistré jour par jour et totalisé sur la période fixée pour le paiement des rémunérations, en remettant une copie du récapitulatif au salarié sur le bulletin correspondant. C’est une obligation distincte et antérieure à l’enregistrement général du temps de travail de l’article 34.9 : l’enregistrement général prouve le temps de travail ; le récapitulatif mensuel des heures supplémentaires prouve combien ont été faites et comment elles ont été compensées. Sans enregistrement, la charge de la preuve devant le juge se retourne contre l’entreprise et l’Inspection estime les heures.

Temps partiel : pas d’heures supplémentaires

Les salariés à temps partiel ne peuvent pas faire d’heures supplémentaires, sauf celles de force majeure (art. 12.4.c du Statut). Ce qui existe, ce sont les heures complémentaires (art. 12.5) : convenues par écrit, jusqu’à 30 % des heures ordinaires du contrat (extensible à 60 % par convention), avec un préavis de trois jours, et les volontaires jusqu’à 15 % (extensible à 30 %) dans les CDI, à condition que la durée ne soit pas inférieure à dix heures hebdomadaires en calcul annuel. Enregistrer des heures supplémentaires sur un contrat à temps partiel est une erreur fréquente que l’Inspection requalifie en durée réelle supérieure à celle convenue.

Sanctions

  • Ne pas enregistrer le temps de travail ou le récapitulatif des heures supplémentaires, et dépasser la limite de 80 heures ou les limites de durée et de repos, sont des infractions graves en matière de relations de travail (article 7.5 de la LISOS), sanctionnées de 751 à 7 500 euros selon le degré, avec les montants du décret royal 306/2024.
  • Ne pas payer ou payer en dessous de la valeur de l’heure ordinaire génère en plus la réclamation du salarié pour les différences, avec majoration et intérêts, et la régularisation des cotisations auprès de la Sécurité sociale.
  • Si les heures supplémentaires non déclarées dissimulent une durée réelle supérieure à celle du contrat, l’Inspection peut exiger la régularisation de la durée et des cotisations correspondantes.

Le tableau complet est dans sanctions pour non-respect du contrôle horaire.

Comment les gérer sans problème

  1. Définir le temps de travail ordinaire de chaque personne et sa période de calcul selon la convention, et le configurer dans le système.
  2. Décider dans la politique interne si elles sont compensées en repos ou payées, avec quelle majoration si la convention la fixe et comment elles sont autorisées : l’heure supplémentaire non autorisée reste une heure supplémentaire si l’entreprise la connaît et la tolère.
  3. Enregistrer jour par jour avec le pointage, pour que le système calcule les heures au-delà de la durée ordinaire sans intervention manuelle.
  4. Surveiller la limite : alerte quand une personne approche des 80 heures payées dans l’année, et des quatre mois pour celles en attente de compensation.
  5. Clôturer le mois : récapitulatif des heures supplémentaires par personne sur le bulletin et au cabinet, avec ce qui a été payé et compensé.
  6. Agir sur la cause : des heures supplémentaires structurelles révèlent un manque de personnel ou une mauvaise organisation, et sont la fuite silencieuse des talents que nous décrivons dans fidélisation des talents dans les PME.

Comment LapsoWork le fait

Le logiciel de pointage enregistre le temps de travail avec horodatage, calcule les heures effectives par rapport à la durée ordinaire configurée pour chaque personne, affiche les heures supplémentaires et les écarts dans les rapports par site, équipe ou salarié, et exporte le récapitulatif mensuel en PDF et CSV audités pour le bulletin et le cabinet. Dans l’offre Avancée, le module de planning applique les règles de repos de la convention aux plannings. À partir de 2 € par salarié et par mois, sans engagement.

Questions fréquentes

Quelle est la limite légale des heures supplémentaires en Espagne ?

Quatre-vingts heures par an et par salarié, selon l’article 35.2 du Statut des travailleurs, réduites proportionnellement dans les contrats de moins d’un an. Ne comptent pas dans cette limite les heures compensées en repos dans les quatre mois suivants ni celles de force majeure. La convention peut fixer une limite inférieure.

Les heures supplémentaires se paient-elles ou se compensent-elles en repos ?

Ce que fixe la convention ou, à défaut, le contrat : elles se paient au moins à la valeur de l’heure ordinaire ou se compensent par un repos rémunéré équivalent. Sans accord, elles se compensent en repos dans les quatre mois suivant leur réalisation.

Est-il obligatoire de faire des heures supplémentaires ?

Non, sauf si elles ont été convenues par convention collective ou par le contrat dans la limite légale, et sauf les heures supplémentaires pour force majeure destinées à prévenir ou réparer des sinistres et dommages urgents, qui sont obligatoires.

Un salarié à temps partiel peut-il faire des heures supplémentaires ?

Non, sauf force majeure. À temps partiel existent les heures complémentaires de l’article 12.5 du Statut, convenues par écrit et limitées à 30 % des heures ordinaires (extensible à 60 % par convention) plus 15 % de volontaires dans les CDI (extensible à 30 %).

Faut-il remettre au salarié un récapitulatif de ses heures supplémentaires ?

Oui. L’article 35.5 exige d’enregistrer le temps de travail jour par jour, de le totaliser sur la période de paiement des rémunérations et de remettre une copie du récapitulatif au salarié sur le bulletin correspondant. C’est une obligation distincte de l’enregistrement général du temps de travail de l’article 34.9.

Conclusion

Les heures supplémentaires ont des règles claires : au-delà de la durée ordinaire, maximum 80 payées par an, volontaires sauf accord, payées au moins comme l’heure ordinaire ou compensées dans les quatre mois, enregistrées jour par jour avec récapitulatif mensuel au salarié, et jamais à temps partiel. Les respecter exige un enregistrement qui les calcule seul et une politique qui dit ce qu’on en fait. Pour voir les vôtres avec des données, essayez LapsoWork gratuitement pendant 30 jours.

Cet article vous a plu ? Partagez-le :

Le chaos administratif ne se règle pas tout seul.

Essayez LapsoWork gratuitement pendant 30 jours, sans carte bancaire. Si ça ne vous convient pas, vous partez sans rien payer.

Commencez gratuitement, 30 jours

Vous préférez une démo guidée ? Parlez à l’équipe

  • Sans carte
  • Sans engagement
  • 4,7★ sur l’App Store