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Législation

Sanctions pour non-respect du contrôle horaire en 2026 : barème en vigueur et ce que propose le nouveau décret royal

S Suso Merino CEO
Sanctions pour non-respect du contrôle horaire en 2026 : barème en vigueur et ce que propose le nouveau décret royal

Les sanctions pour non-respect du contrôle horaire en Espagne sont aujourd’hui celles que fixe la loi sur les infractions et sanctions dans l’ordre social (LISOS) : ne pas enregistrer le temps de travail est une infraction grave que l’Inspection du travail sanctionne de 751 à 7 500 euros, presque toujours accompagnée d’une réclamation des heures supplémentaires non payées. Le décret royal sur l’enregistrement numérique du temps de travail que prépare le gouvernement propose de changer ce schéma et de sanctionner par salarié concerné, jusqu’à 10 000 euros, mais au 15 septembre 2026 il n’est toujours pas publié au BOE. Dans cet article, nous séparons ce qui est en vigueur de ce qui est proposé, donnons le barème complet, expliquons ce que contrôle l’Inspection lorsqu’elle visite une PME et comment éviter le procès-verbal.

Cadre légal : ce qui est en vigueur et ce qui est en préparation

  • Article 34.9 du Statut des travailleurs (décret-loi royal 8/2019) : obligation d’enregistrer chaque jour le temps de travail de chaque salarié, de conserver les enregistrements quatre ans et de les tenir à la disposition des salariés, de leurs représentants et de l’Inspection. En vigueur depuis le 12 mai 2019.
  • LISOS, article 7.5 : qualifie d’infraction grave le manquement aux règles d’enregistrement du temps de travail ; l’article 40 fixe les montants, actualisés par le décret royal 306/2024 avec effet au 1er mai 2024.
  • Loi 10/2021 sur le télétravail : obligations spécifiques au télétravail, également sanctionnées par la LISOS.
  • Décret royal sur l’enregistrement numérique du temps de travail : en préparation. Il exigera un enregistrement exclusivement numérique, infalsifiable et accessible à distance par l’Inspection, et propose des sanctions par salarié. Le Conseil d’État a rendu un avis défavorable le 23 mars 2026 et le ministère du Travail a annoncé le 9 septembre qu’il l’approuverait « immédiatement », sans date. Nous en détaillons le contenu dans la nouvelle loi sur le pointage numérique : où elle en est.

Barème en vigueur pour l’enregistrement du temps de travail

L’absence d’enregistrement, l’enregistrement incomplet ou l’enregistrement peu fiable constituent une infraction grave. L’Inspection gradue la sanction selon des critères comme le nombre de salariés concernés, la récidive, l’intentionnalité ou le préjudice causé.

InfractionDegréMontantSituation courante
Grave (art. 7.5 LISOS)Minimum751 € – 1 500 €Enregistrement incomplet ou défaillances ponctuelles pour quelques salariés
GraveMoyen1 501 € – 3 750 €Système existant mais peu fiable ou avec des défaillances répétées
GraveMaximum3 751 € – 7 500 €Absence d’enregistrement pour tout ou une grande partie de l’effectif

Les infractions très graves de la LISOS (par exemple l’obstruction à l’Inspection ou certains comportements en matière de Sécurité sociale) vont de 7 501 à 30 000 euros au degré minimum, de 30 001 à 120 005 au degré moyen et de 120 006 à 225 018 au degré maximum. Ne pas enregistrer le temps de travail n’est pas, en soi, une infraction très grave.

Ce qui multiplie le coût, c’est ce qui accompagne généralement le procès-verbal :

  • Les heures supplémentaires non enregistrées ni payées : l’Inspection les estime, l’entreprise doit les payer avec leurs cotisations et, si elles dépassent la limite légale, une infraction grave supplémentaire s’ajoute.
  • Un procès-verbal par obligation non respectée constatée lors de la visite : enregistrement du temps de travail, accord de télétravail, calendrier de travail non affiché, etc.
  • La réclamation du salarié, qui aboutit généralement lorsque l’enregistrement est défavorable ou inexistant.

Ce que propose le décret royal : la sanction par salarié

Le texte en préparation passe de la logique « une amende par entreprise » à « une amende par salarié dont l’enregistrement n’est pas conforme », avec des montants pouvant atteindre 10 000 euros par salarié. Avec cette règle, une PME de 30 salariés pointant sur papier pourrait en théorie s’exposer à un maximum bien supérieur au barème en vigueur. C’est la nouveauté la plus médiatisée et aussi celle que le Conseil d’État a critiquée, avec le délai d’entrée en vigueur de seulement vingt jours. Tant qu’il n’est pas publié au BOE, il ne s’applique pas : les procès-verbaux sont dressés selon le barème de la LISOS.

Autres sanctions que l’Inspection recoupe avec le pointage

Canal d’alerte (loi 2/2023), entreprises de 50 salariés ou plus

Infraction (personnes morales)Montant
Très grave : absence de système interne d’information, représailles contre le lanceur d’alerte ou atteinte à la confidentialité600 001 € – 1 000 000 €
Grave100 001 € – 600 000 €
Mineure1 001 € – 100 000 €

L’autorité compétente est l’Autorité indépendante de protection du lanceur d’alerte, qui peut en outre prononcer un blâme public et une interdiction de subventions jusqu’à quatre ans. Le détail se trouve dans sanctions pour absence de canal de signalement.

Télétravail (loi 10/2021)

InfractionMontant
Absence d’accord de télétravail écrit751 € – 7 500 € (grave)
Absence de prise en charge des frais de télétravail751 € – 7 500 € (grave)
Non-garantie du droit à la déconnexion numérique751 € – 7 500 € (grave)

Nous expliquons les obligations dans télétravail en Espagne : obligations légales.

Ce que contrôle l’Inspection lorsqu’elle visite une PME

  1. Les enregistrements d’un échantillon de salariés sur la dernière période : qu’il existe un enregistrement pour chaque jour travaillé, qu’il corresponde à l’horaire du contrat et qu’il n’y ait pas d’incohérences.
  2. La fiabilité du support : si l’enregistrement peut être modifié sans trace, si les corrections sont traçables et s’il est conservé quatre ans. Un enregistrement modifiable sans trace n’est pas jugé fiable.
  3. Le recoupement avec la paie : heures enregistrées contre heures payées. Les écarts sont des heures supplémentaires non payées.
  4. Les entretiens avec les salariés : s’ils pointent chaque jour, si on leur a demandé de signer des enregistrements « en blanc » ou corrigés, s’ils font des heures non payées. Leurs déclarations pèsent.
  5. Les autres obligations visibles lors de la même visite : calendrier de travail affiché, accords de télétravail, canal d’alerte s’il y a 50 salariés ou plus.

Comment éviter le procès-verbal

  • Un enregistrement numérique avec traçabilité, même si le décret royal n’est pas publié : c’est ce que l’Inspection juge fiable et ce qui vous évitera de changer de système dans l’urgence.
  • Une formation courte des managers de proximité : beaucoup de procès-verbaux naissent d’un responsable qui demande de pointer « en bloc » ou de corriger à la main.
  • Une politique interne écrite connue du salarié à son arrivée : comment pointer, que faire en cas d’oubli, comment demander une correction, comment sont compensées les heures supplémentaires.
  • Une révision périodique des enregistrements d’un échantillon de salariés pour détecter les trous et les écarts avant l’Inspection.
  • Répondre à la mise en demeure : de nombreuses visites se terminent par une mise en demeure avec délai de régularisation, pas par une sanction. Régulariser dans les délais et avec des preuves réduit ou évite le procès-verbal.

Questions fréquentes

Quelle est l’amende pour absence d’enregistrement du temps de travail ?

Aujourd’hui, c’est une infraction grave au titre de l’article 7.5 de la LISOS, sanctionnée de 751 à 7 500 euros selon le degré (minimum, moyen ou maximum), avec les montants actualisés par le décret royal 306/2024. Le paiement des heures supplémentaires non enregistrées s’ajoute généralement à l’amende. La sanction pouvant atteindre 10 000 euros par salarié est une proposition du décret royal sur l’enregistrement numérique, toujours non publié.

La sanction est-elle par entreprise ou par salarié ?

Avec la réglementation en vigueur, la sanction est par infraction, graduée notamment selon le nombre de salariés concernés, et l’Inspection peut dresser un procès-verbal par obligation non respectée. Le décret royal en préparation propose de sanctionner chaque salarié dont l’enregistrement n’est pas conforme, mais cette règle n’est pas en vigueur.

Puis-je invoquer que je suis une petite PME et que je ne savais pas ?

L’ignorance n’exonère pas : l’obligation d’enregistrer le temps de travail est en vigueur depuis mai 2019 et s’applique à toutes les entreprises. La bonne foi et une régularisation rapide peuvent conduire à une mise en demeure plutôt qu’à une sanction, ou au degré minimum.

Au bout de combien de temps une infraction relative à l’enregistrement est-elle prescrite ?

Les infractions en matière de droit du travail se prescrivent par trois ans à compter de la date de l’infraction, selon l’article 4 de la LISOS. L’obligation de conserver les enregistrements du temps de travail est de quatre ans.

Que se passe-t-il si l’Inspection vient sur plainte d’un salarié ?

C’est une origine fréquente des visites. Si l’enregistrement n’existe pas ou n’est pas fiable, la réclamation du salarié pour heures supplémentaires s’ajoute à la sanction administrative et aboutit généralement lorsque l’enregistrement est défavorable. Un enregistrement numérique avec traçabilité est la meilleure défense sur les deux fronts.

Conclusion

Ne pas respecter le contrôle horaire coûte aujourd’hui de 751 à 7 500 euros par infraction grave, plus les heures supplémentaires estimées par l’Inspection et les procès-verbaux pour les autres obligations contrôlées lors de la même visite. Le décret royal sur l’enregistrement numérique propose des sanctions par salarié pouvant atteindre 10 000 euros, mais il reste non publié. Se conformer coûte 720 euros par an pour 30 salariés avec l’offre Basique de LapsoWork, et laisse l’enregistrement prêt pour le texte à venir. Pour l’avoir en 48 heures, essayez LapsoWork gratuitement pendant 30 jours ; pour comparer d’abord, consultez notre tableau des prix des logiciels de pointage pour 30 salariés.

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