Qui paie le congé de maternité ?
Lorsqu’une salariée ou un salarié de votre effectif s’apprête à devenir mère ou père, la même question revient presque toujours dans l’entreprise : pendant ces semaines d’absence, qui paie le salaire ? Est-ce l’entreprise qui met la main à la poche ou est-ce la Sécurité sociale qui l’assume ? La question est logique, car elle a un impact direct sur la paie et sur la trésorerie de la PME. Voyons cela clairement.
Qu’est-ce que le congé de maternité ?
D’abord, une précision de vocabulaire. Ce que l’on continue à appeler couramment « congé de maternité » (« baja por maternidad ») a cessé d’exister en tant que tel dans la loi il y a des années. Depuis 2021, le congé est identique pour les deux parents et s’appelle permiso por nacimiento y cuidado del menor (congé de naissance et de garde de l’enfant). Il s’agit d’un droit inscrit dans l’Estatuto de los Trabajadores (Statut des travailleurs espagnol) qui suspend le contrat de travail — sans le rompre — afin que la mère ou le père puissent se consacrer aux soins du nouveau-né, adopté ou accueilli.
Pendant cette période, le contrat reste « en pause » : la personne ne se rend pas au travail, mais elle conserve son poste et reste affiliée à la Sécurité sociale.
Qui paie le congé de maternité ?
Voici la réponse que vous cherchez : le congé de maternité est payé par la Sécurité sociale, et non par l’entreprise. Concrètement, c’est l’Instituto Nacional de la Seguridad Social (INSS, l’organisme national de sécurité sociale) qui verse la prestation économique au salarié pendant toute la durée du congé.
Le montant correspond à 100 % de la base de calcul (« base reguladora »), c’est-à-dire pratiquement la même somme que la personne percevait avant le congé. L’entreprise n’avance pas cet argent et ne le prend pas en charge : sa seule obligation est de traiter la déclaration et de maintenir l’affiliation. En revanche, pendant cette période, l’entreprise continue bien de payer sa part des cotisations sociales du salarié.
Quelle est la durée du congé en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, le congé de naissance et de garde de l’enfant est porté à 19 semaines rémunérées par parent (Real Decreto-ley 9/2025). Elles se répartissent ainsi :
- 6 semaines obligatoires et ininterrompues juste après l’accouchement, l’adoption ou l’accueil.
- 11 semaines flexibles, qui peuvent être prises jusqu’aux 12 mois de l’enfant.
- 2 semaines supplémentaires, utilisables jusqu’aux 8 ans de l’enfant.
Dans le cas des familles monoparentales, le congé atteint 32 semaines.
Dans quelles situations peut-il être prolongé ?
Le congé peut être prolongé au-delà de ces 19 semaines dans plusieurs cas de figure :
- Naissance multiple : une semaine supplémentaire par parent pour chaque enfant à partir du deuxième.
- Handicap de l’enfant : une semaine supplémentaire par parent.
- Naissance prématurée avec hospitalisation de plus de 7 jours : jusqu’à 13 semaines supplémentaires.
Par ailleurs, ce congé est compatible avec le congé parental pouvant aller jusqu’à 8 semaines, prévu à l’article 48 bis de l’Estatuto de los Trabajadores, qui peut être pris jusqu’aux 8 ans de l’enfant (ce dernier n’étant pas rémunéré par défaut).
Comment le gérer côté entreprise ?
Même si la Sécurité sociale paie la prestation, l’entreprise assume bel et bien la partie administrative : traiter la déclaration, planifier le remplacement et organiser le retour. Plus les informations de votre effectif seront ordonnées, moins il y aura de risque d’erreur.
Un logiciel de gestion des congés et absences vous permet d’enregistrer chaque congé, de calculer les dates de reprise et d’avoir à portée de main toute la documentation depuis une gestion documentaire centralisée. Ainsi, le congé de naissance cesse d’être un casse-tête pour devenir une simple formalité, maîtrisée et sans mauvaises surprises.